Contexte
La Fédération Départementale pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique de la Drôme (FDPPMA 26) s’est portée maître d’ouvrage d’un projet global de restauration d’un réseau de canaux et de lônes situé au niveau de la plaine de Donzère (26). Le projet consiste prioritairement à rétablir l’alimentation hydraulique gravitaire de cet hydrosystème dans l’objectif de restaurer une dynamique hydrologique plus naturelle. Une réflexion relative à la continuité écologique est également en cours avec en point d’orgue la question de la franchissabilité piscicole du siphon du canal d’Orange. Pour y répondre la FDPPMA 26 a entrepris de mener une étude RFID multi espèces qui a débuté en juin 2025.
Matériel et Méthode
L’évaluation de la franchissabilité du siphon du canal d’Orange repose sur l’utilisation de la technologie RFID.
Deux dispositifs RFID Stream-Innov © ont été déployés au niveau des extrémités amont et aval du siphon du canal d’Orange.
Au total 751 individus appartenant à 15 espèces ont été capturés et marqués. Les espèces majoritairement représentées sont le chevesne (n=209), le gardon (n=123) l’anguille (n=115) et le barbeau fluviatile (n=116).
Figure 1 Antenne RFID aval siphon canal d’Orange
Résultats préliminaires 2025
Figure 2 Franchissements à la montaison et à la dévalaison par espèce
Les dispositifs RFID fixes ont permis de détecter 341 individus sur la période analysée (juin-octobre 2025) soit un taux de détection de l’ordre de 46 % de l’effectif marqué. Les données indiquent que les 15 espèces marquées ont été redétectées sur les systèmes fixes sur la période de suivi. Les espèces majoritairement détectées correspondent au chevesne, au barbeau et au gardon.
Au total, 91 franchissements ont été comptabilisés sur la durée globale du suivi, correspondant à un total de 62 mouvements de montaisons et 29 mouvements de dévalaisons.
Les résultats indiquent une tendance à la montaison marquée chez le barbeau et l’anguille avec respectivement 50% et 30% des individus marqués relâchés en aval ayant franchi le siphon du canal d’Orange. En ce qui concerne la dévalaison, les résultats indiquent de forts taux de dévalaison chez la brème bordelière et la brème commune avec respectivement 63% et 75% des individus marqués ayant emprunté le siphon à la dévalaison.
Les premiers résultats de cette étude montrent que le siphon du canal d’Orange est utilisé par plusieurs espèces pour se déplacer vers des habitats situés de part et d’autre du Rhône. Les mouvements observés chez le barbeau sont particulièrement éloquents, révélant des déplacements significatifs alors même que l’étude n’a pas couvert la période de reproduction correspondant au pic de mobilité de cette espèce. Pour l’anguille, les déplacements ne résultent pas d’une translocation mais traduisent une mobilité naturelle au sein de l’hydrosystème, soulignant l’importance de la connectivité assurée par le siphon. La poursuite de cette étude en 2026, en intégrant les périodes de reproduction des différentes espèces, permettra une évaluation plus précise du rôle écologique de cet ouvrage. Un système RFID supplémentaire sera déployé au niveau de la connexion avec le Rhône située plusieurs kilomètres en aval de l’ouvrage afin d’évaluer la mobilité des individus marqués entre les deux systèmes.

