Contexte et objectifs
Les PNR du Massif des Bauges et de Chartreuse se sont associés pour co-porter un projet scientifique destiné à caractériser sur le Chéran et le Guiers le rôle de la trame turquoise dans la sauvegarde et la restauration des refuges thermiques pour les salmonidés. Cette étude a été retenue dans le cadre de l’appel à projet 2020 « Eau et Biodiversité » de l’agence de l’eau RM&C.
Dans ce cadre, une cartographie thermique de la rivière par infra-rouge thermique aéroporté a été réalisée afin de relever les réchauffements anormaux, d’inventorier les apports d’eaux froides et les refuges thermiques et de décrire précisément les conditions d’habitats thermiques auxquels sont confrontés les salmonidés en période d’étiage estival.
Cette fiche projet présente le travail réalisé sur le Guiers.
Méthodologie
Les méthodologies et les technologies déployées qui permettent d’appliquer l’infra-rouge aéroporté (appelé IRT-a) de manière opérationnelle sur les rivières pour des questions d’écologie et de conservation de la biodiversité ont été co-développées par un consortium scientifique composé de SCIMABIO Interface, de l’ENS de Lyon (UMR EVS), de l’Université de Rennes 2 (UMR LETG) et de l’Université de Nottingham.
Une campagne IRT-a menée sur le Guiers, le Guiers vif et le Guiers mort, soit environ 50km de linéaire, a permis l’acquisition d’images à la fois thermiques par caméra infra-rouge et visibles par caméra classique. Le survol a été réalisé le 20/07/2022 en ULM en condition d’étiage estival. Le jour du survol, 11 thermomètres de calibration ont été répartis sur le linéaire afin de vérifier la calibration des données thermiques fournies par la caméra. Cette calibration permet également de fournir des valeurs de température d’eau absolue (et pas seulement relative) sur l’ensemble du linéaire étudié.
La cartographie thermique obtenue présente à la fois une haute résolution (pixel de 20 à 30cm de côté) et une très bonne précision thermique (0,3°C).
Principaux résultats
Les données obtenues ont permis :
De caractériser le profil thermique longitudinal sur les trois rivières : Guiers vif, Guiers Mort et Guiers (figure 1 et 2)
D’identifier des anomalies thermiques chaudes (réchauffement) réparties en 11 zones majeures ayant un impact sur des linéaires importants et 4 points chauds ayant des impacts plus locaux (figures 3, 4, 5, 6)
D’identifier 9 zones majeures de refroidissement et 10 points froids ayant des effets plus locaux (figure 7),
De cartographier précisément les ambiances thermiques sur l’ensemble du linéaire (exemple figures 8, 9, 10)
De répertorier 303 tâches froides ayant des températures de -0,5°C à -7,2°C par rapport à la température médiane de la rivière (figure 11)
De quantifier et localiser précisément les habitats thermiques en fonction des exigences écologiques des salmonidés montrant par exemple que seulement 16% du linéaire se situe sous le seuil de 19°C et 31% se situe au-dessus du seuil de 25°C (figure 12)
Figure 3 : localisation des anomalies thermiques chaudes sur les trois Guiers : 11 zones majeures de réchauffements provoquant un effet sur un linéaire important et 4 points chauds ayant un impact plus local
Figure 7 : localisation des 11 zones de refroidissement majeures et des 10 points froids locaux (flèches) identifiées sur les trois Guiers
Figure 12 : confrontation des caractéristiques thermiques obtenues sur le linéaire des trois Guiers avec les exigences écologiques de la truite commune
Financements et partenaires
Ce projet a fait l’objet d’un financement principal (70%) dans le cadre de l’Appel à Projet Eau et Biodiversité 2020 de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée et Corse.
Les autres partenaires financiers sont le PNR du Massif des Bauges et le PNR de Chartreuse, la région Auvergne Rhône-Alpes, les AAPPMA de l’Albanais, du Haut-Chéran et de réciprocité Guiers, les Fédérations de Savoie et d’Isère pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, la Fédération Nationale de la Pêche en France
Le travail a été réalisé par un consortium scientifique coordonné par SCIMABIO Interface incluant l’ENS Lyon (UMR EVS) et l’Université de Nottingham.









